Ne pas oublier d’être heureux.

Ne pas oublier d’être heureux.

Avec ce titre, qui sous-entend que nous ne sommes pas attentifs au bonheur qui est sans doute déjà là, la conférence de Christophe André il y a quelques jours à Toulouse m’a inspiré deux réflexions :

 

Les recherches de Psychologie Positive (sur des sujets non gravement malades) démontrent maintenant qu’il est effectivement possible de changer ses comportements, et plus encore, son équilibre émotionnel intérieur. La condition toutefois en est … de mettre en pratique, tous les jours,  au quotidien, avec régularité, des « exercices de soi ». Dans l’accompagnement au changement des personnes, ce qui me semble important maintenant est bien l’amorce d’une pratique régulière, au-delà de telle ou telle méthode. Peut-être même que le fait d’amorcer une pratique est plus important que la profondeur de l’expérience vécue, ou la qualité initiale de la motivation ou de la réflexion. C’est bien au thérapeute d’aider la personne à se créer son espace de pratique au sein du planning hebdomadaire, et de le guider en lui proposant des exercices simples, adaptés à son style d’apprentissage.

 

Rien de très nouveau, mais un enjeu pour dépasser ce que Christophe André appelle les « platitudes philosophiques» : les philosophes et les sages ont décrit depuis 2000 ans les voies vers le bonheur. L’enjeu aujourd’hui n’est plus tant  le message, ou la prise de conscience, mais la mise en pratique.

 

Ces recherches montrent même que les  statuts d’ « optimiste » ou d’ « anxieux »  ne sont pas autant déterminés et définitifs qu’on le pensait. L’anxieux pose son attention sur les détails, cherchant à prévenir les dangers, mais il n’est plus dans le présent et perd la vision d’ensemble. L’optimiste peut absorber les difficultés car il se fie aux informations globales, l’inconvénient étant qu’il peut sous-estimer certains détails. Comment évaluer émotionnellement de façon adaptée  le détail, si l’on a perdu la relation avec une appréhension globale positive de son corps, de la vie ? C’est pourquoi les pédagogies qui ramènent l’attention à la beauté du vivant, à la merveilleuse dynamique du corps, tout en faisant ressentir les détails de tel ou tel mouvement, mettent en route la plasticité neuronale nécessaire au changement de statut. On change  de vision, sur soi, sur le monde, en percevant, en agissant, et en se ressentant agir, autrement qu’on ne le faisait.  La Pédagogie Perceptive en est un bon exemple, car elle porte cette triple dynamique d’attention au cœur de sa méthode.

 

Christophe Roman